"L’avenir est aux parfums naturels"

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Patrice Cardenoso vient de lancer à Paris Undergreen, une jeune marque de fragrances naturelles haut de gamme. Chic mais décalée, française mais d’abord vendue à l’étranger, bio mais sans l’afficher. Bref, atypique et fière de l’être.

Pour trouver les flacons épurés de Undergreen à Paris, il faut chercher. Lancés chez Jovoy à la rentrée 2012, ces parfums « 100% naturels » viennent seulement d’entrer sur les présentoirs de The Beauty Lounge, une nouvelle boutique-salon rue d’Argoult (qui remplace NoPeg, fermé il y a quelques mois).

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Coffret Black d’Undergreen, en série limitée
Coffret Black d’Undergreen, en série limitée
© DR

Ils seront également exposés, du 18 au 26 janvier 2013, dans la boutique éphémère (11, rue de Debelleyme - Paris 3e) du nouveau Collectif Parfumeurs®, qui regroupe sept marques de niche, dont Undergreen, réunies pour revendiquer le savoir-faire Made in France loin du marché standardisé.

Mais les créateurs d’Undergreen, Patrice Cardonoso et Jérôme Bonnet, ne comptent pas s’arrêter là. Depuis un an, leurs flacons (135 euros) ont fait des curieux et des adeptes en Italie, au Moyen-Orient, en Russie, en Espagne, en Angleterre.

Alors que ses créations s’attaquent à New York, où Michelyn Camen et Didier Chaulay, du blog vedette Cafleurebon.com, accompagnent leur lancement, Patrice Cardenoso revient sur cette jeune aventure dans le petit monde des parfums écologiques.

Comment sont nés vos parfums ?
Je dirige une société, Versens, qui crée des parfums de facture classique pour des tiers. Mais je suis persuadé que l’avenir, c’est le naturel, qui nous ramène aux sources des parfums. Fort de cette conviction, j’ai d’abord écumé les salons bio, notamment en Allemagne.

Sans être un nez, j’ai vite constaté que les fragrances bio se ressemblaient, avec une forte prédominance de la lavande et de la citronnelle. Or je voulais des parfums plus contemporains, plus complexes, plus surprenants, portés par un design épuré et sophistiqué, éloigné du style un peu artisanal qui prévaut sur ce marché. D’où ces flacons opaques et monochromes, en verre teinté dans la masse.

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Gold, parfum unisexe d’Undergreen
Gold, parfum unisexe d’Undergreen
© DR

Un jour, sur un salon, j’ai entendu le parfumeur Fabrice Olivieri, de Trends Lab, parler de casser les codes du secteur. J’étais conquis. Je lui ai soumis deux idées de parfums : Black, un épicé boisé fumé, très terrien, plutôt masculin, et White, un fleuri poudré aérien, qui rappelle la colle de notre enfance et sent le propre.

Puis sont venus, au gré de nos envies, Gold, un hespéridé pétillant aux notes de gingembre, assez unisexe, et Pink, un fleuri fruité girly aux arômes de rose et de caramel, qui évoque la barbe à papa. Certaines personnes ne veulent pas croire qu’il est possible de créer ce type de senteurs à base d’ingrédients naturels, et pourtant, c’est le cas !

Est-il si difficile de développer un parfum bio ?
Absolument ! Un parfum bio demande deux fois plus de temps et coûte cinq fois plus cher qu’un parfum de synthèse. Le développement de nos premières créations a duré 18 mois. Par ailleurs, un parfum de synthèse est stable, tandis qu’un parfum naturel vit. Il évolue et devient vôtre. Il a sa propre personnalité. C’est un gage d’originalité, mais c’est aussi plus difficile à maîtriser.

Notre difficulté est de répondre à deux cahiers des charges à la fois : celui du bio et celui du luxe, qui exige une très bonne tenue. En parfumerie, « 100% naturel » signifie que l’on utilise de l’alcool bio et des conservateurs naturels. Or ceux-ci tiennent moins bien. Nous avons dû faire passer une batterie de tests à nos parfums pour nous assurer qu’ils duraient plusieurs heures et que leur qualité correspondait au marché haut de gamme. Certaines formules ont évolué, comme celle de Black, qui contient plus de bois de oud que dans sa version initiale.

Vous dites « naturel », jamais « bio ». Vos parfums sont labellisés mais le logo n’apparaît pas sur les flacons. Ce sont des parfums bio qui ne le disent pas. Pourquoi ?
Nos jus sont labellisés Eco-cert, tout comme nos emballages cartonnés. Mais dans nos séries limitées de Noël, par exemple, les coffrets laqués ne peuvent pas l’être. Nos flacons non plus.

La seconde raison, c’est que nos jus atypiques s’adressent à des urbains intéressés par la nouvelle parfumerie et qui ne recherchent pas forcément du bio. Mettre cet aspect en avant, c’est risquer d’être réduit à cela. Or les parfums bio ont parfois une image artisanale qui ne nous correspond pas. D’autres marques, comme Honoré des Prés, de notre prédécesseur et ami Christian David, ont montré qu’on peut faire du parfum haut de gamme écologique. Mais elles sont rares…

Quels sont vos projets ?
Nous sortirons une nouvelle fragrance fraîche au printemps 2013 et nous réfléchissons à des déclinaisons des parfums existants. Nous voulons aussi nous installer en Asie, mais c’est une région complexe, car le lien au parfum y est très différent. En France, on nous trouvera probablement dans d’autres boutiques. A suivre !

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