L’Atelier de couture se lance dans l’aventure

par Eric Lecluyse | 10-07-2012
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Cette nouvelle marque de mode éthique compte bien se faire une place avec ses élégantes pièces en soie. Constance Bost, sa créatrice, nous la fait découvrir.

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Constance Bost, fondatrice de L’Atelier de couture.
© Eric Lecluyse/BienBeau.fr

Constance Bost, 27 ans à peine, va bientôt livrer à quelques boutiques la première collection de sa marque L’Atelier de couture. Des vêtements en soie d’inspiration « romantique et citadine » fabriqués au Vietnam via une ONG qui vient en aide aux femmes. Elle nous confie son parcours, ses espoirs, ses envies...

Que proposez-vous avec l’Atelier de couture ?
De beaux produits intemporels, en soie, décontractés et élégants, avec un style parisien. Je m’apprête à livrer la collection hiver aux premiers points de vente, comme Mademoiselle Bambû aux Abbesses.

La crise qui touche le secteur de la mode éthique ne vous inquiète-t-elle pas ?
Le monde de la mode est très vaste, il doit être possible de se faire une place. Le piège, avec la mode éthique, c’est de mettre en avant l’éthique en oubliant la mode. Nous créons des robes en pure soie vendues entre 150 et 200 €, un bon rapport qualité-prix. Et je compte aussi sur le Web pour faire connaître L’Atelier de couture. La boutique en ligne va ouvrir fin août et le blog est déjà lu par une centaine de fidèles chaque jour. Et puis, le bon accueil reçu à notre premier salon Who’s next est vraiment encourageant...

Quels sont vos références ?
J’aime Valentine Gauthier, car c’est vraiment de la mode avec de splendides produits. La marque poursuit une démarche éthique, mais elle communique peu là-dessus pour ne pas être cataloguée. J’adore aussi les grandes maisons françaises, comme Dior, Chanel ou Saint Laurent.

Vous venez du monde de la mode ?
Pas du tout, même si cet univers de la mode me passionne depuis longtemps. J’ai suivi mon cursus étudiant à Sciences Po et travaillé pendant trois ans dans un domaine très différent.

Après cette expérience, j’ai repensé à un stage que j’avais fait au Vietnam, au consulat de France, où j’ai rédigé une note sur les structures de commerce équitable. C’est comme ça que j’ai découvert ATT (Alliance Anti Trafic), qui accueille des femmes victimes des réseaux de prostitution. Cette ONG propose des formations et des métiers pour les réinsérer, dont celui de couturière. Ce sont elles qui fabrique les vêtements. Cette rencontre a été déterminante.

D’où vient la soie ?
Les mûriers poussent au centre du Vietnam, et la soie est tissée près de l’atelier, à 30 km de Saïgon. Nous veillons avec nos interlocuteurs à minimiser l’impact environnemental et à ce que soient employés des colorants naturels, même si la mise en place d’une démarche éco-responsable n’est pas toujours la priorité des gens que nous rencontrons, qui vivent souvent dans la précarité.

Vous vous êtes lancée seule ?
Oui, avec mon solde de tout compte, et j’ai déposé un dossier à Paris Initiative Entreprise pour financer la suite. Je me suis lancée comme styliste de manière artisanale, et on a réalisé le 1er prototype en novembre 2011. J’ai depuis été rejointe par Cloé Brami, qui m’aide beaucoup, même si elle est salariée par ailleurs.

Qu’espérez-vous pour la marque ?
Mon rêve, c’est d’atteindre des ventes suffisantes pour développer l’atelier au Vietnam. Au bout de trois ou quatre ans, certaines couturières ont envie de se mettre à leur compte et l’ONG les aide à devenir indépendantes. Les victimes se transforment alors en « business women ». Je suis fière de participer à ce mouvement.

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